La start-up Meludia promet « les bénéfices de dix ans de solfège en seulement un an »

La musique est un langage universel. Il est donné à tous de la vivre en toute intuition. Pourquoi en serait-il autrement de son apprentissage ? C’est la question que se pose Bastien Sannac lorsqu’il arrête le piano au bout de 10 ans, dégoûté par l’enseignement rébarbatif du solfège. Et il n’est pas le seul : 80 % de la population française arrête la pratique d’un instrument de musique avant l’âge de 15 ans selon Le Monde.

pfkbg2

Le mythe du solfège comme étape obligatoire pour maîtriser les codes de la musique a la dent dure. Reproché de réserver la musique à une élite, il n’en reste pas moins incontournable dans les écoles françaises. La « formation musicale » n’est pourtant pas la seule méthode pour maîtriser professionnellement un instrument. Les anglais ont depuis longtemps choisit abattu cette cloison entre théorie et pratique. Les jeunes virtuoses anglais ont appris leur gamme par le biais de la pratique, galvanisés et en confiance.

Dans des milieux où l’académisme laisse place à davantage de passion, on expérimente la méthode SEMA – pour Sensations Émotions Mémoire Analyse. L’idée est que la musique s’apprend comme une langue : en baignant dedans, on en apprend la grammaire et l’écriture. SEMA propose de s’imprégner d’un son, le penser, le mémoriser avant de savoir l’écrire. Et l’efficacité est bien là. Depuis 25 ans, 3 000 musiciens testés en constatent les résultats impressionnants. Ce sera aussi le cas de notre découragé du solfège Bastien Sannac, qui suivra l’enseignement de Vincent Chaintrier, chercheur en sciences cognitives et mélomane à l’origine de la méthode. Bluffé par son efficacité, l’élève décide de s’associer avec son professeur pour rendre la méthode accessible à tous. C’est ainsi que naît la start-up Meludia, en 2013.

SEMA

Tout part de l’écoute et de l’émotion que procurent les sons. Ensuite, il faut se le remémorer pour pouvoir le rejouer avant de le nommer précisément” estime Bastien Sennac.

Le site de Meludia propose un concept d’apprentissage inédit, fondé sur l’intuition. Apprendre la musique y est un jeu qui développe la « pensée musicale » et la créativité. A travers 4 niveaux, 600 exercices, il nous est donné de travailler pas à pas les sept dimensions de la musique (rythme, timbre, mélodie, harmonie, spatialisation, dynamique et formes). “Nous proposons des exercices simples et progressifs qui font travailler l’écoute, explique Bastien Sannac. On peut par exemple deviner le nombre de sons joués simultanément.”

meludia-5

La start-up est déjà couronnée de succès : médaillée d’or du concours Lépine en 2014, sélectionnée pour le classement des 250 start-up plus émergentes dans la musique de l’IRMA cette année, mais pas que. Les gouvernements maltais, estoniens et (bientôt) écossais font déjà appel à elle pour offrir Meludia à leurs concitoyens. Le but ? Profiter de l’influence positive de la musique sur la société. Il est en effet prouvé que pratiquer la musique induit de meilleurs résultats scolaires et moins de délinquance. Et les fondateurs de Meludia d’évoquer le neurologue anglais Oliver Sacks, disparu l’an dernier : « Oliver Sacks avait exploré les pouvoirs émotionnels et thérapeutiques de la musique. Elle déverrouille quelque chose en nous.»

L’ambition de Meludia se porte à l’international. Avec des contenus en anglais et 25% d’utilisateurs hors de France (principalement aux Etats-Unis) en 2014, leur levée de fond de 500 000 € en juin 2014 sera réinvestie dans le développement mondial de la plateforme et dans une adaptation sur smartphone.

La méthode est en découverte gratuite sur le site. Une fois bien accroché, il vous en coûtera 4,99€ par mois. Une petite somme pour un retour sur investissement émotionnel garanti.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here