Le créateur australien du tube planétaire des années 70 reproche à Air France de l’avoir copier depuis 2015.

C’est une histoire qui a fait les gros titres de la presse australienne en début d’année. Et pour cause. « Love is in the Air » est une fierté nationale. Le tube des années 70 de John Paul Young a fait le tour du monde. On dénombrerait plus de 500 reprises de ce titre et des dizaines de millions de dollars de revenus.

Au début de l’année, les compositeurs et le chanteur ont attaqué Air France et le groupe Glass Candy choisi par l’agence de publicité BETC (Groupe Havas) pour contrefaçon. Et les choses semblent déjà mal engagées pour le groupe de transport français car un premier jugement fédéral trouve que la chanson utilisée par Air France reprend pour une bonne part la mélodie et l’harmonie du morceau original.

Une médiation semblait se mettre en place

Dès à présent Air France a supprimé de toute sa communication la chanson qui avait porté sa campagne publicitaire.
Fait rare, les très nombreux films qui composées sa chaine Youtube et qui embarquait cette musique ont été supprimé.

En catastrophe, Air France a du produire une nouvelle version de son film de Consigne de Sécurité à bord. De nouveaux messages téléphoniques ont été produits avec une musique sans grand intérêt mais qui montre bien l’embarras de la compagnie aérienne.

http://www.abc.net.au/news/2018-01-15/vanda-young-sue-us-pop-duo-over-alleged-copyright-breach/9328906

A dire vrai, on s’étonne de pas mal de choses dans cette histoire.

D’abord, musicalement les titres ne semblent quand même pas proches du tout. En revanche, la mélodie de « France in the Air » et « Love is in the Air » ont clairement des traits communs. On a du mal à croire que l’agence de pub n’ait pas verrouillé avec le créateur du titre original que cette ressemblance ne le gênait pas. Qui n’y a pas pensé quand la campagne de pub est sortie.

La version 2015

La version 2018

Ensuite, on s’étonne également que l’attaque mette en cause le compositeur de la musique d’Air France, son éditeur, la compagnie aérienne mais pas l’agence de publicité. Or, dans la communication que celle-ci avait faite au moment du lancement de la campagne, ils avaient évoqués leur rôle actif dans le choix de la musique mais également dans le fait d’avoir fait chanter la phrase « France in the Air » qui est au cœur du contentieux.

N’aurait-il pas été logique de la faire s’éloigner musicalement de sa grande sœur mondialement connue ?

Ce qui va être intéressant à suivre dans cette histoire, c’est donc aussi le schéma de responsabilité que la justice va retenir. Outre les montants qui risquent d’être conséquent, on a du mal à imaginer que l’annonceur ne prendra pas également des sanctions commerciales à l’encontre des partenaires qui l’ont mené dans cette galère.
Air France n’avait vraiment pas besoin de ça.