Quelle identité sonore pour la boutique Chanel ?

Puisque le luxe ne semble pas connaître la crise, nous avons eu l’idée de faire une petite tournée de quelques boutiques parisiennes des marques de luxe… pour analyse l’audio branding du luxe.

De la rue Saint-Honoré jusqu’à la Madeleine, les plus grandes marques de luxe sont présentes dans des espaces plus ou moins vastes, plus ou moins lumineux et impressionnants, mais rarement silencieux.

De la musique en boutique… pas luxe !

Chanel, Gucci, Armani, Dior, Miu Miu, Hugo Boss, Max Mara, Paule Ka, Ralf Lauren etc…, tous diffusent de la musique en boutique et tous – ou presque – présentent un style distinct, avec globalement une qualité de diffusion sonore moyenne et pas luxe du tout. C’est à dire, avec un niveau sonore bas, parfois très bas, pour la plupart et une qualité de son souvent hésitante (grésillements, variations).

Si chez Dior on peut entendre de la musique électronique club plutôt joyeuse et aérienne, chez Chanel on perçoit un univers très sombre et opaque, entre musique électronique dark et techno minimaliste accompagnée de voix robotiques. On arrive à faire le lien avec l’esthétique actuelle des collections de ces deux marques, c’est vrai.

C’est un choix cohérent mais la sélection des musiques cependant ne semble pas toujours au niveau du prestige des enseignes. Beaucoup de contenus sonores n’expriment ni l’excellence, ni le goût, ni la rigueur qu’elles appliquent à leurs créations. Et c’est ainsi vrai pour beaucoup de celles que nous avons visité.

Une musique qui n’est pas à la hauteur !

De la pop fragile et éthérée chez Miu Miu, de l’instrumental lent et romantique chez Gucci, du jazz et de la soul chez Hugo Boss, de la pop mais presque inaudible chez Max Mara, de la dance 90 chez Ralf Lauren, du lounge chez Armani, de tout chez Armani caffé, du rien du tout chez Hermès. Toutes ces marques qui pourtant s’appliquent dans leurs spots publicitaires à valoriser nettement leur univers et leurs produits, notamment grâce à la musique, semblent ne porter qu’une attention bien trop limitée à la variable son dans leurs points de vente comme élément marketing identitaire.

La sonorisation à l’abandon…

Constat étonnant si on s’accorde à penser que les points de vente sont les vitrines les plus représentatives pour une marque, lieux où s’effectue notamment l’acte d’achat. Si l’emplacement, l’architecture d’intérieure, les matériaux, les jeux de lumière sont étudiés avec soin, la sonorisation, elle, est un peu mise de côté.

On aimerait être étonnés par le son, enveloppés délicatement ou dynamiquement, mais qu’il se passe quelques choses. On aimerait découvrir une collection (fruit d’un savant mélange d’influences multiples) avec des sons tout aussi originaux, fins, riches, exclusifs. On aimerait rêver un peu plus, tout simplement !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here