La banqueroute du géant de Chicago est riche d’enseignements…

Ce fut d’abord une rumeur qui parcourait au début de l’été les maisons de disques et les labels. Puis vinrent les lettres adressées aux créanciers. Et enfin, l’officialisation. Music Dealers, l’une des rares grandes enseignes internationales de la musique pour les marques, se mettait en faillite. Qui l’eût cru ?

Music Dealers faisait partie des trois ou quatre grands noms du métier.

Avec le hollandais Massive Music, le français Sixième Son et le californien Elia Arts, Music Dealers jouissait d’une formidable réputation. Son succès, l’enseigne de Chicago l’avait bâti sur ce que l’on appelait les musiques « pre-licensed » ou « pre-cleared ».

La grande idée de Music Dealers était de pré-négocier avec les artistes ou leur label les conditions de leurs accords. Le succès avait été fulgurant et le catalogue de Music Dealers était devenu gigantesque. Et c’est sans doute ce qui les a perdus.

La quantité ne fait pas la qualité.

Côté annonceurs, le sentiment était que Music Dealers avait accès à des artistes très nombreux et était capable de faire des deal dans des temps records. A l’inverse, pas d’exclusivité, très peu de conseil ou d’accompagnement, et le sentiment que, finalement, la valeur ajoutée était surtout pour l’artiste et moins pour l’annonceur. Côté artiste, Music Dealers faisait rêver ; rappelons qu’au plus fort de son activité, Music Dealers avait généré plus de 12 millions de dollars de revenus. Pourtant, beaucoup de labels se sont exprimés sur le fait qu’il est difficile d’avoir un si grand catalogue et de porter une attention réelle à chaque titre, à chaque artiste. Finalement, comme beaucoup de catalogues créés à l’image de celui de Music Dealer, là aussi, la quantité ne fait pas la qualité.

Du côté de Music Dealers, l’explication donnée semble logique.

Selon le porte-parole de l’entreprise, plus l’activité se développait, plus les frais de structure s’alourdissaient sans que Music Dealers ne parvienne à accroître la valeur créée. Bref, le modèle n’était pas durable. Il faut rappeler que Music Dealers avait levé 9 millions de dollars il y 4 ans. Il faut également rappeler que Coca-Cola avait pris une participation de 50% dans la société, qui était devenue, de fait, la pierre angulaire du système musicale Coca-Cola. Et, en coulisse, c’est bien cela qui aurait tué Music Dealers. Coca-Cola aurait épuisé l’enseigne, enfermée dans un deal pas rentable du tout, et finalement avec une pression qui ne permettait pas d’aboutir à un travail « gagnant-gagnant ».

D’ailleurs, avant même l’annonce de la faillite, Coca-Cola déclarait mettre fin à sa collaboration avec Music Dealers. Sans doute le coup de grâce…

faillite-music-dealer

Seul le sur-mesure à forte valeur ajoutée a trouvé sa voie.

La principale leçon de cette chute spectaculaire, c’est que le modèle industriel appliqué au monde la musique pour les marques ne fonctionne toujours pas. Les annonceurs veulent plus de conseil et une relation de proximité qui construise la marque. Pas une série de coups – même spectaculaires – sans lendemain. A ce jour, finalement, seul le sur-mesure à forte valeur ajoutée a trouvé sa voie. Reste que Music Dealers laisse un gout amer à bien des labels. Les impayés seront pour eux…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here