A contre-courant de la playlist numérisée, la création de l’ambiance sonore en live est une stratégie marketing potentielle

Le design sonore est un élément important du marketing-mix en magasin. Comme l’indiquent de nombreuses études (IPSOS, Léger Marketing), une bonne ambiance musicale en magasin peut améliorer en moyenne le chiffre d’affaires de 17%. A l’inverse, le silence peut détériorer les ventes jusqu’à 30%. Sur ces bonnes paroles, de nombreuses marques se sont penchées sur la stratégie de design sonore à appliquer dans leurs enseignes. Avec plus ou moins de succès, des playlists digitalisées Deezer ou Spotify se sont démocratisées, quand ce n’est pas un DJ live qui accueille les clients en boutique (comme le propose quelques agences). Certaines enseignes choisissent le sur-mesure, solution coûteuse mais qui a largement fait ses preuves (les spas Clarins par l’agence Spectre), voire le premium d’une playlist signature mêlant des éléments d’identité sonore (comme le showroom de Fiat avec Sixième Son).

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Mais l’absence de playlist peut aussi être vue comme une stratégie de design sonore à part entière. Une absence volontaire de pré-établi. Une volonté de retrouver 100% d’authenticité et de flexibilité sur le choix de la musique. C’est en tout cas la stratégie appliquée dans les ultra-branchés Ace Hotels. La musique y est exclusivement analogique.

Identité Sonore : le Luxe de la Platine !

Cela impose que le gérant change le vinyle toutes les 30 min, certes, mais quel luxe que d’entendre la platine crépiter…

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Les platines des hôtels Ace, dans les salons et dans les chambres
Les platines des hôtels Ace, dans les salons et dans les chambres

De nombreux cafés indépendants ont suivi la même idée, à Greenwitch, New-York, Paris (le café-disquaire Walrus, ci-dessous).

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Le Walrus, 34ter rue de Dunkerque, 10e

Une démarche qui s’inscrit dans la philosophie Slow-life, qui prône un retour à la simplicité et met de côté le numérique. La musique est ancrée dans le physique, dans le moment présent. Les espaces où le client prend volontairement son temps sont les plus adaptés à cette stratégie post-digitale. On pourrait imaginer des applications en instituts de beauté, en salle de yoga, en bars-lounges, etc.
Mais pour optimiser cette stratégie, encore faut-il avoir défini les guidelines permettant une cohérence de l’ambiance musicale…

Une autre possibilité, hybride, serait d’instaurer dans les points de contact une diffusion alternant les périodes avec et sans playlists. Au tout fraîchement ouvert café The Hood, à Paris, on mélange ainsi les playlists Spotify aux périodes de jam où gérants et clients prennent les instruments pour faire la musique eux même, sur l’envie, l’inspiration et l’ambiance du moment.

Il y a fort à parier que les enseignes poursuivent cette hybridation entre l’efficacité de la playlist numérique et le chic rétro du vinyle. Le tout est de placer intelligemment le curseur « flexibilité », entre la liberté totale qui manque de cohérence, et la playlist figée. La sélection sur-mesure, porteuse des valeurs de l’espace, est un must. Et si l’équation fonctionne, les marques pourraient suivre, en ajoutant leurs signes sonores identitaires (les fameuses virgules propriétaires).

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