Parmi ces acteurs, l’un des plus anciens, des plus discrets mais aussi des plus performants s’appelle Audiotactic. L’agence, basée à Angers dans le Maine et Loire, mais dont les clients se situent un peu partout en France, continue son ascension discrète mais déterminée. Rencontre avec les deux dirigeants : Bertrand Decron et Anthony Lefort.

Qui est Audiotactic ? Quelle est votre spécificité ?

Audiotactic est une agence que nous avons créée en 2005 et qui est l’un des meilleurs spécialistes français de l’identité sonore. Nous en avons réalisé une trentaine pour des marques très différentes, principalement de belles PME, offensives, ambitieuses et déterminées à enrichir leur marque pour développer leur business. Notre spécificité vient d’une alliance authentique et équilibrée entre notre expertise sur la marque et notre savoir-faire créatif. Nous pensons que les PME ont besoin d’une dimension conseil, parce que peu d’entre elles ont une vraie culture de la communication. Le conseil et l’accompagnement que nous délivrons est réaliste, ambitieux, pragmatique. Côté création, nous investissons de plus en plus pour des contenus plus justes, plus durables et plus différentiels. Nous pensons que la concurrence que subissent les PME n’est pas moins forte que celles des grandes entreprises, elle est juste différente. Cela nécessite des outils de marque qui s’adaptent à leurs contextes.

Vous venez de lancer l’identité sonore des Cheminées Poujoulat, le leader européen des conduits de cheminées et sorties de toit métallique. Que pouvez-vous nous dire sur ce travail ?

C’est une véritable réussite car la nouvelle identité sonore a remporté l’adhésion de l’ensemble du groupe Poujoulat. Pour nous, remporter l’adhésion des collaborateurs est le premier marqueur de succès d’une identité musicale. En effet, la musique est un outil de communication qui nourrit le lien entre les différents interlocuteurs d’une marque.
Un comité d’écoute a tout d’abord été constitué pour mettre en place un travail collaboratif avec des intervenants garant des valeurs de Cheminées Poujoulat. Nous avons partagé autour de l’entreprise et de leurs attentes en termes de positionnement. L’objectif : s’inspirer pour traduire en musique les valeurs de la marque. Les axes de création déterminés, notre équipe création a conçu et
présenté plusieurs concepts musicaux différents. La continuité des comités d’écoute a permis d’échanger librement, de pré-valider des concepts et de créer des variations musicales finalisées. Et c’est à l’unanimité que l’identité sonore des Cheminées Poujoulat a été validée.
L’identité sonore des Cheminées Poujoulat est résolument positive. Elle est centrée autour de l’humain : une voix chantée est le centre de la création. Tout autour de cette voix s’articulent des percussions puissantes, symbole de son ambition technologique permanente. Son style épuré
« électro-pop » lui confère des valeurs modernes et met en avant l’esthétisme, le design des produits. Son instrumentation légère lui permet de s’élever, de flotter dans l’air, au-dessus des toits. Cheminées Poujoulat invite ses clients, ses partenaires à la suivre dans le sillage de sa marque.
Nous avons d’ailleurs réalisé une vidéo qui retrace le processus complet de création de l’identité sonore.

Quelle vision avez-vous du marché de l’identité sonore en France. Quelle place souhaitez-vous y prendre ?

Nous analysons le monde de l’identité sonore assez simplement. Il y a sur ce marché de plus en plus d’indépendants, de studios, de gens qui viennent de la musique et qui cherchent, soyons francs, à échapper aux difficultés de la filière musicale en se tournant vers les marques. Ce qu’ils ont à leur apporter n’est pas toujours clair. Souvent le savoir-faire créatif est correct mais il est mal exploité car, ces créateurs-là comprennent mal les marques, leur besoin et ce qui les aide à faire du business. De notre point de vue, les marques qui se tournent vers ces offres le font exclusivement pour des questions de coûts sauf que, souvent, elles le regrettent car la durabilité de ces travaux n’est pas toujours bonne.
Ensuite, il y a des agences de petite taille situées en province. Elles se spécialisent principalement sur les PME. Elles sont aujourd’hui à un tournant car les PME demandent une meilleure qualité, un conseil plus abouti qui nécessite des moyens ou de l’expertise que peu de ces agences ont réellement. L’enjeu pour elles, ces prochaines années, est de se donner les moyens de progresser. Les bilans financiers de l’immense majorité d’entre elles fontt planer un doute sur la capacité qu’elles ont d’investir.
Enfin, il y a évidemment Sixième Son, l’inventeur et le porte-drapeau du métier. Pour nous, c’est l’agence zéro défaut, celle grâce à qui ce métier acquiert aujourd’hui ses lettres de noblesses. Il y a beaucoup à apprendre de Sixième Son et nous regardons de près, par exemple, les innovations de l’agence en matière de création, mais nous pensons que toutes les marques n’ont pas besoin de leur niveau d’excellence.

Selon vous comment ce marché de l’identité sonore va-t-il évoluer ?

Nous croyons que les trois strates actuelles vont se maintenir mais que le nombre d’acteurs doit baisser, que le marché cessera d’être atomisé comme c’est le cas aujourd’hui. Ceux qui n’investissent pas, ceux qui pensent qu’il y a une demande durable pour une offre « low-cost » bricolée se trompent. Les marques qui font appel à ce genre de prestataire s’en mordent souvent les doigts. A terme, nous pensons que le marché se structurera autour de 4 ou 5 grands acteurs. A côté de Sixième Son, il y a donc de la place pour des challengers inspirés, professionnels, qui délivrent une offre efficace dans un contexte où la marque continuera de prendre une importance croissante.

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