Vous arrivez à la tête de Mood Media International, société que vous aviez pourtant quittée il y a bientôt 1 an. Quel est votre projet pour l’entreprise ?

Notre projet pour l’entreprise est clair, nous souhaitons continuer à nous développer autour de ce qui fait la force de Mood : la musique et l’innovation. Dans la musique, nous souhaitons consolider notre leadership auprès des enseignes et aller plus loin dans les relations musique et marques. Pour l’innovation, le point de vente connecté est au cœur de notre croissance, nous travaillons sur de nouveaux projets qui vont permettre au point de vente de conforter sa place centrale dans les parcours d’achat cross-canal. Le design musical est notre métier historique mais nous avons développé en parallèle un savoir-faire important sur la communication via des contenus visuels et des écrans. Ce sont les deux parts essentielles de notre activité.

Le monde de la sonorisation des points de vente est en plein chamboulement. Le low- cost semble se généraliser avec des offres peu distinctives et pas toujours qualitatives. On se demande même où va ce métier. Qu’en pensez-vous ?

Il y a toujours une tentation de réduire ses coûts, c’est valable dans tous les domaines mais nous pensons que la musique est un élément essentiel du point de vente, tant pour les clients que pour les vendeurs d’ailleurs ! Nous avons ainsi réalisée une étude en partenariat avec la Sacem et la Spré, elle révèle que 80% des clients souhaitent avoir de la musique en point de vente. Pour cela, il faut une offre musicale de qualité et qualité et low-cost sont des notions qui vont rarement ensemble. La musique doit être choisie en fonction de l’univers de la marque et scénarisée selon les jours et les horaires. De plus, il est essentiel pour une marque, en particulier quand elle gère un grand nombre de points de vente, d’assurer une qualité technique irréprochable et durable et sur ce terrain technique, les offres low-cost non plus ne sont pas très efficaces. Cette tendance semble d’ailleurs avoir trouvé ses limites. Nous voyons à la fois beaucoup de clients déçus de ce type de prestations et en même temps une demande plus forte d’une qualité renforcée qu’il s’agisse de l’artistique ou de l’écoute.

On parle de plus en plus de l’importance du son pour les marques, de son caractère essentiel pour enrichir la communication des marques. On aurait donc pu imaginer que le secteur se porte bien, or très peu de marques ont l’air de réussir vraiment. A votre avis, à quoi cela est-il dû ?

Il n’y a pas de secret. Pour bien s’en sortir, il faut une expertise très forte. Dans notre secteur, notre différence, c’est la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de création et de diffusion des médias en points de vente. Nous avons des compétences allant de la sonorisation et la supervision de la diffusion, à la création visuelle et sonore, en passant par la maîtrise des technologies mobiles et du marketing olfactif et cela partout dans le monde ! La vraie difficulté dans ce métier, c’est de conjuguer l’artistique et le technique et d’avoir une réelle connaissance de la communication en point de vente. Ça ne s’improvise pas ! Nous avons créé ce métier en France il y a 60 ans et dans le monde avec Muzak, en 1934, nous fêterons donc cette année les 80 ans de la musique en point de vente ! Cette histoire nous a permis de développer une approche extrêmement fine des médias en boutique. Il n’est pas si simple d’animer au quotidien les points de vente, il ne s’agit pas d’une simple déclinaison d’une playlist, il y a un savoir-faire très spécifique.


Vous qui avez une forte implantation internationale, quels sont les pays que vous citeriez en exemple pour la qualité de leur pratique musicale au service des marques? La France en fait-elle partie?

La France est un pays important pour la musique, tout comme l’Europe où nous consolidons nos bases, ou les Etats-Unis. Les marques françaises diffèrent mais sont à la pointe. Nous retrouvons là aussi l’impact de la SACEM qui est la plus ancienne société de gestion collective au monde. En effet, la diffusion de musique dans les lieux publics a été organisée depuis bien plus longtemps en France que dans les autres pays. Aujourd’hui, nous regardons avec beaucoup d’intérêt la Chine et la Russie où nous nous développons, pays dans lesquels notre croissance est très rapide, signe d’un commencement de maturité du marché. Pour le reste, il est difficile d’établir un palmarès, aujourd’hui il y a une véritable normalisation de la musique dans tous les pays européens.

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